Les années
d'après-guerre

1945-1997

L'HGM d'aujourd'hui

1997-2021

Les premières
années

1818-1914

Introduction

Au milieu des années quatre-vingt-dix, l’Hôpital général de Montréal entre dans une ère de soins de haute technologie et de proximité de plus en plus spécialisés, caractéristiques de son rôle au sein du réseau hospitalier de l’Université McGill.

Au moment du passage à l’an 2000, l’HGM doit comme d’autres hôpitaux affronter la menace d’une défaillance des systèmes. La ville de Montréal et son activité économique ont bien changé. La ville industrielle s’est transformée en métropole technologique et culturelle dotée d’une industrie touristique florissante. Pendant ce temps, la province équilibre les compressions et instaure une législation qui va fournir un régime d’assurance médicaments et des services de garde d’enfants abordables à la population.

Deux inhalothérapeutes à l’unité de soins intensifs de l’Hôpital général de Montréal, 2020, photographiées par Michael Cichon. Avec l’autorisation du Service de multimédia médical du CUSM.

graphic showing merger of five hospitals into the MUHC in 1997

Bien qu’une fusion ait pu présager la consolidation de tous les sites en un seul super-hôpital, il est décidé au moment de l’élaboration des plans du site Glen de conserver l’HGM en tant que site complémentaire, afin de soulager la pression sur les salles d’urgence de la ville. (Source: Soins, enseignement, recherche au coeur de la cite: Rapport de la Commission d’analyse des projets d’implantation du Centre hospitalier de l”universite de Montreal et du Centre universitaire de sante McGill)

Conçu par Linda Jackson

Le secteur des soins de santé doit s’adapter à l’introduction de dix-neuf réseaux intégrés à travers la province, et à la désignation de quatre centres universitaires des sciences de la santé. En 1997, on assiste à la création du Centre universitaire de santé McGill, formé par la fusion de cinq établissements de santé, dont l’HGM est le plus ancien. Ces centres universitaires ont un rôle bien défini à jouer au sein du système de santé, soit celui de fournir des soins ultraspécialisés, de produire de la recherche novatrice et de former les futurs professionnels de la santé.

Les figures légendaires de l’HGM qu’ont été Nora Livingston, William Osler, Thomas Roddick et bien d’autres avaient pour devise « la priorité, c’est le patient ». Depuis 200 ans, c’est cette même philosophie qui régit les standards et l’orientation des soins cliniques, de l’enseignement et de la recherche au sein de l’établissement.

L’Hôpital général de Montréal regroupe aujourd’hui une grande variété d’initiatives cliniques dont les valeurs communes sont la collaboration d’équipes multidisciplinaires, la participation du patient et l’innovation. Ces programmes reflètent la continuité du lien et de l’engagement envers la communauté, et nous font entrevoir un avenir prometteur.

Chef de file en traumatologie au Québec et ailleurs dans le monde

Portrait d’équipe dans la salle de traumatologie, HGM, 2020. Image fournie par la Fondation de l’Hôpital général de Montréal.

La réputation de l’HGM quant à son expertise en traumatologie est bien établie. En 1992, alors qu’un groupe de travail provincial affirmait que les taux de mortalité associés aux traumatismes excédaient 50 %, l’HGM avait déjà formulé son protocole de traumatologie. Celui-ci stipulait que le fait d’intervenir rapidement était susceptible de sauver des vies. Ces principes furent officialisés en 1993 sous la direction du Dr David Mulder de l’HGM, et érigés en un système de traumatologie à l’échelle de la province. Entre 1992 et 2007, le taux de mortalité des victimes de traumatismes à avoir bénéficié de ce protocole a chuté de 51,8 % à 2,5 %.

L’équipe du Programme de traumatisme craniocérébral de l’HGM. G-D, rangée arrière : Alena Seresova, Maude Laguë-Beauvais, Marie-Claude Champoux, Dr Simon Tinawi, Paulo Fumaneri, Dr Mohammad Maleki, Diane Bastasi, Christine Gonzalez, Howell Lin, Dr Judith Marcoux, Gail Brathwaite, Dr Jehane Dagher. G-D, rangée centrale : Marie-Josée Bernier, Michel Abouassaly, Rosa Rosarini. G-D, première rangée : Deidra Santos, Tanvir Dhoot. Image reproduite avec l’aimable autorisation du Service du multimédia médical du CUSM. Photographié par Michael Cichon.

Dans la foulée de ces réformes, l’HGM est désigné en 1997 en tant que l’un des trois centres régionaux de traumatologie de niveau 1 au Québec. La famille Desmarais, bienfaitrice de longue date de l’hôpital, aide à faciliter la transition. De nos jours, le Centre de traumatologie Dr David S. Mulder de l’Hôpital général de Montréal compte l’une des plus importantes équipes multidisciplinaires de soins de traumatologie en Amérique du Nord, et traite environ 1 600 cas de traumatismes graves par année. De plus, comme les survivants de traumatismes font face à des défis complexes, la neuropsychologue Mitra Feyz a mis sur pied le Programme de traumatisme craniocérébral afin d’optimiser les capacités fonctionnelles et la qualité de vie des patients. Une équipe de professionnels de la réadaptation travaillent avec eux et leurs familles, et collaborent avec des partenaires communautaires de Montréal, de la Montérégie et du Nord du Québec.

Membres du Centre pour la chirurgie mondiale avec la Croix-Rouge internationale a Katamandou, Népal, en 2018. Image reproduite avec l’autorisation du Centre pour la chirurgie mondiale.

Depuis 1997, le Centre de traumatologie Dr David S. Mulder ne cesse d’élargir son champ d’action au sein de communautés locales et internationales. Puisqu’un grand nombre de traumatismes peut être évité, l’équipe de traumatologie joue un rôle pédagogique auprès de la population. Par le biais de conférences et d’ateliers sur des sujets comme la prévention des chutes, la sécurité routière, le contrôle des armes à feu et les pratiques sportives sécuritaires, l’équipe plaide pour un environnement plus sûr. À l’échelle internationale, le Centre pour la chirurgie mondiale, codirigé par Tarek Razek et Dan Deckelbaum, contribue au partage du savoir sur les systèmes d’intervention en traumatologie en Afrique, en Amérique latine et au Moyen-Orient.

L’immunologie de la reproduction :

un champ de recherche fertile

Depuis les années 80, le nombre de couples canadiens qui éprouvent de la difficulté à procréer a presque doublé, et continue d’augmenter. Les thérapies d’aide à la reproduction, dont l’insémination artificielle et la fécondation in vitro (FIV), ont fait leur apparition dans la seconde moitié du XXe siècle. Puis, d’autres techniques de procréation assistée ont suivi. Cependant, il se trouve que pour une partie de la population, ces thérapies ne fonctionnent pas.

L’équipe de la Clinique d’immunologie de la reproduction. De gauche à droite : Dr Walaa Almasri, Dr Shorooq Banjar, Marie-Josée Pepin, Lisa Shultz, Dayle Cunningham, Dr Genevieve Genest. Image fournie par la Fondation de l’Hôpital général de Montréal.

La Dre Geneviève Genest, qui travaille à la Division d’allergie et d’immunologie de l’HGM, est la fondatrice de la première clinique d’immunologie de la reproduction au Canada. La clinique a pour mandat de valider l’hypothèse selon laquelle des déséquilibres non détectés du système utérin affectent la conception et le maintien de la grossesse. La Dre Genest a traité de nombreuses patientes souffrant de pertes de grossesse récurrentes inexpliquées au moyen d’immunoglobuline intraveineuse (IgIV). Couramment employée pour traiter plusieurs maladies auto-immunes, l’IgIV est une protéine plasmatique concentrée fabriquée à partir d’anticorps provenant de milliers de donneurs de sang. Les résultats de ces essais ont été extraordinaires. Sur quinze femmes ayant reçu un traitement par IgIV, treize ont pu donner naissance à un enfant. La Dre Genest travaille actuellement à détecter un marqueur de diagnostic non invasif afin d’identifier les candidates qui pourraient bénéficier de cette thérapie. En analysant les cellules immunitaires avant et après le traitement par IgIV, un verdict peut être établi quant au succès ou à l’échec de celui-ci.

La santé mentale à l’HGM

Une patiente à la Clinique de soir du département de psychiatrie de l’HGM, vers 1960. Centre des arts et du patrimoine du CUSM, Fonds Mann, 2017-0001.04.14

À l’HGM, le traitement des troubles psychiatriques a relevé du département de neurologie jusqu’en 1946. La plupart des patients étaient hospitalisés dans d’autres établissements, tels que l’hôpital Saint-Jean-de-Dieu ou l’Hôpital protestant des aliénés à Verdun — aujourd’hui devenu l’Institut universitaire en santé mentale Douglas.

Alors qu’on observe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale une prévalence de problèmes psychiatriques au sein de la population générale, l’HGM modernise son approche du traitement psychiatrique. En 1946, le Dr Albert E. Moll, premier psychiatre en chef de l’HGM, commence à offrir des consultations externes dans les divisions Western et Centrale de l’HGM. Sous la direction du Dr Moll, le département a été à l’avant-garde d’une approche communautaire des soins en santé mentale. Cette orientation est devenue le mode de traitement privilégié des patients en psychiatrie après le mouvement de désinstitutionnalisation des années 1960.

Thérapie de groupe

Les centres de jour et de soir (fondés respectivement en 1950 et en 1954) étaient des initiatives novatrices créées pour répondre à la demande croissante de services psychiatriques externes.

Clinique de soir, département de psychiatrie de l’HGM. Centre des arts et du patrimoine du CUSM, Fonds Mann, 2017-0001.04.59

De nos jours, la Mission en santé mentale offre un service étendu et pluridimensionnel, à l’image de la compréhension actuelle du spectre de la santé mentale et de ses complexités. Prolongeant la tradition du travail d’équipe à l’HGM, la Mission relie les départements de psychiatrie et de psychologie et collabore avec des médecins, des infirmières et infirmiers, des ergothérapeutes, des travailleurs sociaux et d’autres professionnels paramédicaux. Elle sert les patients hospitalisés et externes, fournit des soins d’urgence spécialisés et des soins aigus, et offre des consultations de liaison pour une grande variété de services et de départements hospitaliers.

L’équipe administrative de la Mission en santé mentale, 2021. Avec l’autorisation du Service de multimédia médical du CUSM.

Le Dr Warren Steiner, psychiatre à la Mission en santé mentale, à l’HGM. Image fournie par la Fondation de l’Hôpital général de Montréal.

« La musique a un incroyable pouvoir guérissant. » – Elinor, membre de MusiArts, programme de musicothérapie de la Mission en santé mentale.

La Mission en santé mentale mise sur les thérapies de pointe, la prévention et l’intervention précoce, ainsi que sur l’autonomisation des patients. Elle est dotée de programmes qui sont adaptés à la diversité des besoins de la communauté, tels que :

  • Le Centre d’orientation sexuelle de l’Université McGill (COSUM), un service psychothérapeutique primé pour les patients LGBTQI+ et leurs familles;
  • Une unité de neuromodulation, qui offre une thérapie de pointe par SMTr (stimulation magnétique transcrânienne répétitive) pour les maladies résistantes aux médicaments;
  • Des unités de thérapie cognitivo-comportementale, de psychopharmacologie et de thérapie;
  • Le Programme de transition et de rétablissement, qui met à profit le vécu des pairs rétablis ou en voie de rétablissement en un programme aidant les patients à s’autonomiser et à se réintégrer à la communauté, et autogéré par des bénévoles;
  • Des programmes spécialisés dans le traitement de la toxicomanie, des troubles anxieux, des premiers épisodes de psychose, des troubles de l’humeur et des troubles de la personnalité.

Le Centre Griffith Edwards, qui loge l’unité de toxicomanie, fut légué par la famille Birks dans les années 1960. Image reproduite avec l’aimable autorisation du Fonds Maxwell, Collection d’architecture canadienne John Bland, Bibliothèque de l’Université McGill.

Soutien communautaire

La Mission en santé mentale est un remarquable exemple de l’impact que peut avoir le soutien communautaire. Celle-ci peut en effet s’appuyer sur les collectes de fonds, le travail de bénévoles et la philanthropie de donateurs de longue date de l’HGM.La famille Angus, qui soutient l’HGM depuis les années 1960, finance un large éventail de programmes et de thérapies au sein de la Mission. Notamment, l’Unité des soins d’urgence en santé mentale Jacqueline G. Angus et l’Unité d’intervention brève, la musicothérapie, la psychopharmacologie, la transition vers le rétablissement et la recherche sur les maladies psychiatriques graves.

Programme périopératoire (POP) :

Autonomiser les patients grâce à la préhabilitation

Subir une chirurgie peut provoquer un stress important, particulièrement pour les personnes âgées ou qui ont été affaiblies par un cancer. Dans les hôpitaux, l’accent est traditionnellement mis sur la réadaptation post-chirurgicale. Depuis 2012, un programme établi à l’HGM se penche sur l’importance des stratégies préventives de préhabilitation pour atténuer l’impact des opérations chirurgicales sur la santé mentale et physique des patients.

 

Fondé par le Dr Franco Carli, anesthésiste, le Programme périopératoire (POP) est l’un des premiers programmes de préhabilitation en Amérique du Nord. Ce programme mise sur un ensemble de thérapies et de ressources telles que la kinésiologie, la nutrition et la psychoéducation pour soutenir les patients pendant leur période d’attente préopératoire. Ce type d’outils aide les patients à prendre leur condition physique préopératoire en charge, et leur procure le cadre, la supervision, les soins et le suivi susceptibles de favoriser leur succès.

Le Dr Franco Carli, à gauche, avec le kinésiologue Kenneth Drummond, Programme POP, 2021. Photo reproduite avec l’autorisation de Geneviève Lambert et de Laura Rendon.

 

Le taux de réussite du Programme POP démontre qu’investir dans la capacité des patients de progresser et de s’autonomiser rapporte gros. D’après les études, 80 % des patients du programme retrouvent leur niveau de forme préopératoire grâce à la préhabilitation, contre 50 % avec la réadaptation et 35 % sans intervention. Reconnu à travers le monde pour son travail de précurseur, le Dr Carli a été élu président de l’American Prehabilitation Society en 2020.

Oncologie thoracique :

des soins de précision pour traiter des cancers redoutables

De nos jours, la majorité des programmes d’oncologie chirurgicale sont regroupés au site Glen du CUSM. La Division de chirurgie thoracique de l’HGM fait figure d’exception à plusieurs égards. Au cours de la dernière décennie, des efforts ont été déployés pour optimiser le traitement chirurgical de plusieurs cancers complexes et mortels dont souffre la population canadienne. La Division de chirurgie thoracique, qui soigne les cancers du poumon et des voies digestives supérieures, a été dotée d’un mandat suprarégional pour desservir l’ensemble de la population du Réseau universitaire intégré de santé (RUIS) de McGill. En raison de cette centralisation et grâce à son excellente réputation, la division constitue désormais le programme le plus important en son genre au Canada.

Les techniques employées à la division s’appuient sur une vaste biobanque de tissus vivants. Ceux-ci permettent à l’équipe d’identifier les thérapies médicamenteuses les plus efficaces. La division héberge également le premier essai de phase 3 au monde à offrir l’immunothérapie avant la chirurgie du cancer. Résultat : le taux de survie de nombreux patients atteints d’un cancer du poumon de stade 4 a pu être doublé.

Le Dr Lorenzo Ferri, chef de la Division de chirurgie thoracique, qualifie celle-ci de « guichet unique » pour les soins complexes du cancer. La division dispose d’une structure intégrée de chirurgie et de recherche, ce qui lui permet de repousser les limites et d’orienter la recherche sur le cancer dans des directions inexplorées. Des traitements novateurs se consacrent à améliorer les soins aux patients. Grâce aux récentes avancées technologiques, ceux-ci sont adaptés à la constitution biologique du patient, et propulsent le traitement du cancer au-delà d’un modèle d’essais et d’erreurs, qui peut parfois être dévastateur.

Grâce aux progrès des chirurgies peu invasives et à sa collaboration avec le Programme périopératoire (POP), le Service d’oncologie thoracique de l’HGM a le vent dans les voiles. Le cancer du poumon étant le plus mortel chez la population québécoise, il importe grandement qu’une majorité de patients ait accès à des soins intégrés. Le programme est le seul de la province à s’être vu attribuer par le ministère de la Santé le rang le plus élevé (niveau 4) en raison de la qualité de ses soins aux patients, de sa recherche et de son enseignement. Initialement financé par un don de la Fondation Jarislowsky, le programme a été enrichi par la contribution de nombreux membres de la communauté.

Soins chroniques :

Le programme des maladies inflammatoires de l’intestin (MII)

Les maladies inflammatoires de l’intestin (MII) désignent un ensemble de maladies qui entrainent une inflammation chronique du tube digestif, notamment la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse. Les MII causent une variété de symptômes incapacitants pouvant nuire aux choix professionnels, aux relations personnelles et à la qualité de vie. Les Canadiens sont plus nombreux à souffrir de MII que partout ailleurs dans le monde — la proportion au Québec étant de 671 cas pour 100 000 personnes.

Le Dr Alain Bitton s’adresse à l’assistance lors de l’inauguration du réseau PACE, une plateforme collaborative qui regroupe quatre centres de recherche et de soins de premier plan à travers le Canada, 2016. Photo reproduite avec l’autorisation du Service de multimédia médical du CUSM.

En 2016, la Division de gastroentérologie et d’hépatologie de l’HGM instaurait le premier centre autonome pour les patients atteints de MII en Amérique du Nord. Fruit du Groupe de recherche sur les MII de McGill, un partenariat de recherche entre l’HGM, l’Hôpital de Montréal pour enfants et l’Hôpital général juif, le centre est en activité depuis 1992. Son programme dédié aux MII fournit aux patients et aux familles des soins et des outils pédagogiques dispensés par une équipe pluridisciplinaire composée de médecins, d’infirmières et infirmiers, de diététistes, de psychologues, de travailleurs sociaux et de chercheurs.
Le programme permet aux patients de recevoir des soins continus et personnalisés sur une longue période, ce qui constitue un élément central de la gestion d’une maladie chronique et incurable. Il leur offre également un accès aux essais cliniques dans le domaine émergent du traitement des MII, ainsi qu’une voie directe vers les soins d’urgence.

COVID-19 à l’HGM : la deuxième pandémie de l’hôpital

kinesiologist in the perioperative program

Les portraits EPI sont une intervention hybride de l’art et le médecine conçue pour améliorer les soins aux patients et la dynamique de l’équipe en humanisant l’apparence aliénante des EPI grâce à des portraits chaleureux et souriants.

Geneviève Lambert, kinésiologue du Programme periopératoire HGM, portant un portrait EPI (équipement de protection individuelle), 2021. Photographiée par Laura Rendon et Geneviève Lambert.

Au moment où la pandémie de grippe frappe Montréal en 1918, le centième anniversaire de l’HGM approche. Malgré les graves pénuries de personnel causées par la Première Guerre mondiale et exacerbées par la pandémie, l’hôpital répond aux éclosions d’infection à travers la ville. L’HGM participe également à la mise sur pied d’un hôpital temporaire près du port, destiné à soigner les soldats qui rentrent au pays.

À gauche, une page de La Presse du 11 octobre 1918 énonce les consignes du Bureau de santé de la Cité de Montréal en lien avec la pandémie de grippe de l’époque (Source : BAnQ). À droite, les consignes publiées par le ministère de la Santé et des Services sociaux en juillet 2020 pour limiter la propagation de la COVID-19.

Cent ans plus tard, l’HGM traverse aux côtés du monde entier une nouvelle période historique. La grippe de 1918 s’était introduite sur les continents à travers les flux de trafic militaire. Dans l’environnement hautement connecté et cosmopolite de 2020, c’est en grande partie par le biais des voyages aériens que la COVID-19 s’est répandue sur la planète. Pour freiner la transmission du virus, la Ville mise aujourd’hui comme en 1918 sur le port du masque, sur la distanciation et sur la restriction des rassemblements publics. Toutefois s’il fallut des décennies pour mettre au point un vaccin contre la grippe, la vaccination de nouvelle génération et ses procédés à base d’acide nucléique (ARN) ont permis de développer des vaccins efficaces contre la COVID-19 en moins d’un an.

Kenneth Drummond, kinésiologue, portant un portrait EPI avec une patiente dans la Programme periopératoire de l’HGM, 2021. Photo par Laura Rendon et Geneviève Lambert.

Anh Thy Le Quang, kinésiologue, Programme periopératoire HGM, avec un portrait EPI (Équipement de Protection Individuelle), 2021. Photo par Laura Rendon et Geneviève Lambert.

Témoignages de reconnaissance envers les infirmières de l’HGM, 2020. Avec l’autorisation de la Fondation de l’Hôpital général de Montréal

Tout comme lors de la pandémie de 1918, le personnel de la santé de l’HGM a travaillé sans relâche pour traiter et limiter la propagation de la COVID-19, en offrant des soins humains et en donnant l’exemple au reste de la société. Son service dévoué à la communauté durant cette crise constitue sans contredit un récent chapitre d’héroïsme de l’histoire de l’hôpital.

Défi Respirateur Code Vie

Récemment, la Fondation de l’HGM s’associait à l’Institut de recherche du CUSM pour lancer Le Défi Respirateur Code Vie. Ce concours international, créé dans le contexte d’une pénurie imminente de respirateurs due à la multiplication des cas de COVID-19, invitait les concepteurs à développer des prototypes de respirateurs faciles à produire et très abordables. La réponse fut extraordinaire : plus de mille équipes de participants du monde entier s’y sont inscrites. Faisant office de pont entre les concepteurs et les fabricants, Le Défi Respirateur a également amassé des fonds pour épauler les entreprises dans la production et l’entretien des respirateurs.

Parmi les trois finalistes, c’est l’entreprise montréalaise de robotique Haply qui a remporté le concours, grâce à son concept facile à réaliser à l’aide d’imprimantes 3D.

Le soutien des familles,

une tradition de longue date

La clôture en fer forgé offerte par John Molson, père, lors de la fondation de l’hôpital, telle que représentée sur ce dessin de 1823.

Titre annonçant le succès de la Joint Hospital Campaign, présidée par McConnell en 1927.

Si l’Hôpital général de Montréal a pu survivre et prospérer, c’est grâce à deux siècles de soutien communautaire — que ce soit des dons de poisson confisqué offerts par l’inspecteur de la chasse, ou d’importantes campagnes de financement menées par certains membres des plus illustres familles de Montréal.

Deux familles en particulier ont maintenu leur remarquable soutien à l’hôpital sur une période de plusieurs décennies. J.W. McConnell fut notamment un fidèle et généreux allié de l’HGM. La fondation qui porte son nom perpétue son héritage depuis sa création. Ses contributions ont fait avancer la recherche dans le traitement de la douleur, du cancer, de la santé mentale et de l’iléite et la colite, entre autres domaines. Le financement de la fondation a également servi à soutenir la formation médicale pratique et à assurer la pérennité de postes universitaires clés.

John W. McConnell à son bureau de l’Édifice Dominion Express, Montréal, vers 1935. Musée McCord, M2003.8.6.5001

Gregory Charles (à gauche) avec le Dr David Mulder et Andrew Molson (à droite) lors de l’événement Hockey 911 de la Fondation de l’HGM, 2019. Avec l’autorisation de la Fondation de l’Hôpital général de Montréal.

L’HGM a aussi pu compter sur le soutien de la famille Molson sur une période qui inclut maintenant sept générations. C’est John Molson père qui en 1818 présenta le premier argument en faveur d’un hôpital public à l’Assemblée législative du Bas-Canada. Ceci mena à la construction du premier Hôpital général de Montréal, en 1821, que Molson père ceintura d’une clôture ouvragée en fer forgé. Le nouvel HGM fut érigé en 1953 à partir de plusieurs des mêmes matériaux que la brasserie Molson, incluant la brique extérieure. La famille Molson a également contribué à la création de la Fondation de l’Hôpital général de Montréal, en 1973.

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